
Nous devions nous retrouver. C’était une évidence. Tu le savais depuis plus longtemps que moi. Parce que j’ai grandi en toi. Parce que tu vis en moi. Je suis venue plonger mes racines en ta terre. Et tu m’as nourrie. Comme l’enfant au sein de la mère.
Au son de mon enfance, j’ai marché. Au rythme de mes souvenirs, j’ai veillé. Aux odeurs retrouvées, j’ai pleuré.
Je t’ai haïe. Je t’ai aimée.
De Erzsébet Szabad sajto ùt à Andràssy ùt en passant par Ràkoczi ùt, mes pas m’ont entraînée dans les méandres de mon histoire. Tenir le fil de la famille et tirer dessus jusqu’à en vomir. Tenir le fil de la famille et tirer dessus jusqu’à se perdre. Tenir le fil de la famille et tirer dessus jusqu’à se trouver femme.
Au bout de longues heures d’errances dans tes ruelles oubliées, j’ai fini par retrouver l’essence de la couleur offerte du siècle dernier.
Je t’ai haïe. Je t’ai aimée.
Et le Danube coule en moi comme une berceuse aléatoire.